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Les 4 types de connaissances en entreprise et comment gérer chacun efficacement

Une gestion des connaissances commence par une distinction simple : certains savoirs doivent être documentés, d’autres transmis par la pratique, l’expérience ou directement intégrés aux processus. C’est ce cadre qui permet de transformer l’information en action utile.
Aurélien Di Sanzo
Aurélien Di Sanzo

Points clés

  • La connaissance explicite est la plus facile à gérer, car elle peut être documentée, stockée, recherchée et gouvernée.

  • La connaissance implicite correspond aux savoir-faire que les équipes appliquent sans qu’un processus ne soit formalisé.

  • La connaissance tacite repose sur l’expérience, le jugement, l’observation, le coaching et la pratique.

  • Les connaissances intégrées aux processus se trouvent dans les workflows, les outils, les modèles, les règles de décision et les routines opérationnelles.

  • Pour gagner en efficacité, une stratégie doit adapter ses méthodes à chaque type de connaissance, au lieu de tout transformer en documentation.

Cet article présente les quatre types de connaissances en entreprise et les méthodes les plus adaptées pour les gérer. Vous pourrez ainsi identifier ce qu’il faut documenter, transmettre, pratiquer ou intégrer dans les workflows de votre organisation.

Comment distinguer facilement les différents types de connaissances

Chaque type de connaissance circule, se formalise et s’utilise différemment. C’est pourquoi une seule méthode ne peut pas répondre à tous les besoins.

Type de connaissance

Ce que cela désigne

Cas d’usage principaux

Méthode de gestion adaptée

Connaissance explicite

Connaissance documentée, écrite, stockée et recherchable

Politiques RH, procédures, manuels, FAQ, parcours d’onboarding

Contenus gouvernés, moteur de recherche, propriétaires éditoriaux, cycles de revue

Connaissance implicite

Savoir-faire pratique qui n’a pas encore été formalisé

Bonnes pratiques, tâches récurrentes, résolution de problèmes, méthodes propres à un métier

Cartographie de processus, entretiens, modèles, retours d’expérience

Connaissance tacite

Jugement issu de l’expérience, difficile à formaliser

Intuition d’expert, leadership, relation client, expérience terrain

Mentorat, communautés, observation, récits d’expérience, mises en situation

Connaissances intégrées aux processus

Connaissances inscrites dans les systèmes de gestion documentaire, routines et règles de travail

Validations, relais, conformité, sécurité, routines opérationnelles

Design de workflows, automatisation, checklists, règles système, prompts


Autrement dit, les connaissances explicites, implicites, tacites et intégrées demandent chacune une approche spécifique. Une bonne stratégie de gestion des connaissances consiste à choisir la méthode selon l’usage attendu par les utilisateurs.

1. Comment gérer la connaissance explicite pour rendre l’information facile à trouver

La connaissance explicite doit être gérée comme une source de référence fiable. Elle offre de nombreux avantages lorsque la même réponse doit être accessible à tous, sans interprétation excessive.

Définissez ce qui doit devenir une référence

La connaissance explicite regroupe tout ce qui peut être écrit, enregistré, stocké et partagé : politiques internes, accords d’entreprise, procédures, consignes de conformité, supports d’onboarding, FAQ, modèles ou guides pratiques.

Par exemple, une politique RH ou un accord d’entreprise doit être formulé clairement, publié au bon endroit et mis à jour dès qu’une règle change. Ainsi, les collaborateurs disposent d’une réponse cohérente, quel que soit leur site, leur métier ou leur niveau d’ancienneté.

Utilisez la gestion des connaissances explicites lorsque la cohérence prime

La gestion de la connaissance explicite est indispensable lorsque l’entreprise doit garantir une information homogène entre plusieurs équipes, sites, pays ou langues. Elle s’applique aux règles internes, aux parcours d’intégration, aux procédures de conformité et aux contenus de référence.

Toutefois, documenter ne suffit pas : si un document est introuvable, obsolète ou non-validé, il ne permet pas aux employés de s’appuyer sur une information fiable.

Gouvernez les contenus dans la durée

Pour être utile, la connaissance explicite a besoin de propriétaires clairement identifiés, de cycles de revue, de règles de nommage, d’un moteur de recherche efficace, d’une gestion des versions et d’indicateurs d’usage.

En pratique, la taxonomie de l’intranet compte autant que le contenu lui-même. Les collaborateurs ne peuvent pas appliquer correctement une information qu’ils ne trouvent pas facilement ou dont ils ignorent le niveau de fiabilité.

2. Comment gérer la connaissance implicite pour formaliser les savoir-faire

Cette forme de connaissance permet de transformer des routines efficaces en méthodes partagées. Elle se situe souvent entre la pratique métier et la documentation officielle.

Identifiez les savoir-faire déjà présents

La connaissance implicite désigne le savoir-faire que les collaborateurs utilisent sans toujours le nommer. Elle apparaît lorsqu’une équipe sait gérer une situation, mais que personne n’a encore transformé cette compétence en méthode réutilisable.

Concrètement, c’est le cas lorsqu’un responsable de magasin prépare un lancement local, ajuste les messages selon son équipe et anticipe les points de blocage sans suivre de guide formel. Les résultats sont visibles, mais les réflexes qui les rendent possibles n’ont pas encore été formalisés.

Repérez les pratiques qui méritent d’être partagées

Utilisez la gestion de la connaissance implicite lorsqu’une personne ou une équipe obtient régulièrement de meilleurs résultats, sans que votre organisation ne sache exactement pourquoi. Elle est aussi utile quand l’onboarding dépend trop de la capacité à identifier le bon interlocuteur.

Cette connaissance montre surtout comment une règle se traduit dans le travail quotidien. En effet, une politique peut indiquer ce qu’il faut faire mais la connaissance implicite montre comment les équipes s’y prennent concrètement pour que cela fonctionne.

Formalisez le raisonnement en scénarios

Pour gérer la connaissance implicite, il faut comprendre la logique et les enjeux derrière l’action.

Les méthodes les plus utiles sont souvent :

  • interroger les collaborateurs les plus expérimentés ;

  • observer les gestes, décisions et arbitrages récurrents ;

  • organiser des retours d’expérience après un projet ou un incident ;

  • créer des modèles, checklists et playbooks à partir des pratiques réelles ;

  • partager des exemples entre équipes pour instaurer une culture du partage des connaissances.

La principale erreur consiste à documenter uniquement le résultat final sans donner des éléments de contexte. Par exemple, une checklist peut indiquer de contacter les RH, mais sans préciser dans quels cas il faut solliciter les RH, elle laisse les collaborateurs face à l’ambiguïté.

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3. Comment gérer la connaissance tacite en prenant en compte le jugement et l’expérience

Contrairement aux deux formes précédentes, la connaissance tacite ne se transfère pas par simple documentation. Elle se diffuse surtout par l’observation, la pratique et les échanges entre pairs.

Reconnaissez la valeur du jugement expert

La connaissance tacite vient de l’expérience vécue, de la reconnaissance de signaux faibles, de l’intuition et du contexte. Elle est profondément liée à une personne, à un groupe d’experts ou à une culture métier.

Par exemple, dans le secteur industriel, un responsable de site peut percevoir un risque de sécurité avant qu’un indicateur formel ne l’affiche. Cette capacité se construit au fil des années, à force d’observer des situations comparables et de décider dans des contextes complexes.

Mobilisez la connaissance tacite lorsque les instructions sont insuffisantes

La connaissance tacite devient pertinente lorsque l’expérience permet de prendre la bonne décision dans une situation complexe. Elle concerne le leadership, la relation client, les équipes terrain, les métiers techniques, la gestion de crise ou les situations où le savoir-être compte autant que le savoir-faire.

Elle est particulièrement critique avant un départ à la retraite, une réorganisation, une fusion, un changement de direction ou toute situation où une expertise clé repose sur quelques personnes.

Faites circuler l’expérience par la pratique

Pour gérer la connaissance tacite, privilégiez le mentorat, l’apprentissage par observation, les communautés de pratique, les récits d’expérience, les débriefs d’experts, les formations par scénarios et le partage entre pairs.

Ensuite, une partie de cette connaissance peut devenir implicite, voire explicite. Le point de départ consiste à aider les experts à expliquer ce qu’ils ont remarqué, ce qu’ils ont écarté et pourquoi ils ont agi de telle manière.

La mauvaise approche consiste à demander à un expert de tout écrire : les experts ne peuvent pas toujours lister ce qui les rend performants. En revanche, ils peuvent raconter une situation réelle et expliquer leur raisonnement.

4. Comment gérer les connaissances intégrées aux processus

Les connaissances intégrées aux processus guident les collaborateurs vers la bonne action au moment où ils en ont besoin. Elles transforment une règle ou une bonne pratique en comportement opérationnel.

Inscrivez la connaissance dans les outils et routines

Les connaissances intégrées aux processus se trouvent dans les workflows de validation, les chemins de relais, les champs d’un CRM, les contrôles de sécurité, les rappels automatisés, les modèles ou les règles de conformité.

Elles font apparaître la bonne indication, la bonne étape ou la bonne règle directement dans le flux de travail.

Utilisez les connaissances intégrées pour standardiser l’exécution

Ce type de connaissance est particulièrement utile pour la conformité, la sécurité, la qualité de service et les processus où les erreurs viennent souvent d’un oubli ou d’une mauvaise séquence d’actions.

Par exemple, une consigne de sécurité publiée dans l’intranet peut être connue. Mais si le formulaire terrain, la checklist ou l’outil de suivi n’intègre pas cette consigne, les équipes risquent de continuer à appliquer l’ancien fonctionnement.

Alignez les workflows avec les règles à jour

La gestion des connaissances intégrées demande une gouvernance des processus, et non une simple gestion de contenus. Pour y parvenir, intégrez les règles dans les workflows, créez des modèles et prompts, ajoutez des checklists et vérifiez régulièrement que les outils reflètent les règles en vigueur.

L’erreur fréquente consiste à mettre à jour la politique sans mettre à jour le processus. Si l’outil continue d’orienter les demandes selon l’ancien circuit, les collaborateurs suivront l’outil.

Comment choisir le bon type de gestion des connaissances

La bonne méthode dépend de ce que la connaissance doit permettre : être retrouvée, expliquée, pratiquée ou appliquée automatiquement. C’est le critère le plus simple pour décider.

Voici comment orienter votre choix :

  • utilisez la connaissance explicite lorsque la cohérence prime : politiques, onboarding, conformité, procédures, contenus de référence et sources uniques de vérité ;

  • utilisez la connaissance implicite lorsque le savoir-faire est déjà présent dans les routines : bonnes pratiques, dépannage, processus métier, méthodes locales ou savoir-faire terrain ;

  • utilisez la connaissance tacite lorsque le jugement compte davantage que l’instruction : intuition d’expert, leadership, relation client, expérience industrielle ou situations sensibles ;

  • utilisez les connaissances intégrées aux processus lorsque la bonne action doit se produire au bon moment : workflows, formulaires, validations, checklists, règles système et automatisations.

Une stratégie de gestion des connaissances efficace choisit le bon mode de transfert selon la nature du savoir.

Comment éviter de surexploiter la connaissance explicite et de négliger le reste

Les organisations accordent souvent plus d’attention à la connaissance explicite parce qu’elle est visible. Pourtant, et c’est là tout le paradoxe, une grande partie de la performance repose sur ce qui n’apparaît pas dans les documents.

En effet, les documents sont faciles à compter, stocker et auditer, ce qui crée parfois une impression de maîtrise : l’arborescence semble propre, la base documentaire paraît complète et l’intranet donne une image de maturité.

Ce qui doit vous alerter, c’est lorsque les mêmes questions ou les mauvaises habitudes reviennent. Par exemple : les collaborateurs s’appuient sur des conversations informelles, des dossiers personnels, des habitudes locales ou des circuits informels.

Voici les forces de chaque type de connaissance :

  • la connaissance explicite améliore l’accès à l’information ;

  • la connaissance implicite aide à reproduire les bonnes pratiques ;

  • la connaissance tacite facilite le transfert du jugement ;

  • les connaissances intégrées aux processus sécurisent l’exécution.

Un système de gestion des connaissances mature traite ces quatre dimensions ensemble, avec une gouvernance de l’intranet capable de maintenir les contenus, les rôles et les règles dans la durée.

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Comment une plateforme de gestion des connaissances doit soutenir ces 4 types

Une plateforme doit faciliter l’accès, la gouvernance, l’application et la mise à jour de chaque type de connaissance.

Répondez aux principaux besoins

Une plateforme de gestion des connaissances doit permettre de rechercher des contenus explicites, maintenir une documentation à jour, retrouver des fichiers et médias, produire des réponses IA fondées sur des contenus validés, signaler les pages obsolètes et créer des espaces où les équipes peuvent partager des exemples.

Par ailleurs, elle doit soutenir la gouvernance de l’intranet, la recherche intelligente, l’animation des communautés et la diffusion d’informations fiables auprès des collaborateurs de bureau, hybrides ou terrain. Dans ce contexte, la recherche intranet par IA de Sociabble constitue un levier clé, à condition de s’appuyer sur des contenus fiables et correctement gouvernés.

Positionnez Sociabble comme point d’accès gouverné

Sociabble réunit communication interne, connaissances, engagement et employee advocacy au sein d’une plateforme d’expérience collaborateur tout-en-un. Ses capacités en gestion des connaissances et intranet moderne aident les organisations à rendre l’information d’entreprise plus accessible et mieux gouvernée, y compris dans des environnements multi-sites.

Dans ce cadre, Sociabble peut soutenir la connaissance explicite avec Sites, les documents et contenus multimédias facilement accessibles avec Media Drive et la recherche augmentée par l’IA. Les communautés, publications et espaces d’échange peuvent aussi aider à faire émerger des savoir-faire et des retours d’expérience.

Découvrez l’exemple de la MACSF

La MACSF a déployé Sociabble comme point d’accès unique à l’information pour ses collaborateurs, avec une gouvernance éditoriale plus claire et une adoption forte de l’intranet. L’organisation a atteint 98 % d’adoption auprès de 1 700 collaborateurs, preuve qu’un intranet bien structuré peut rendre la connaissance explicite plus accessible et plus fiable.

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En conclusion

Les meilleures stratégies de gestion des connaissances commencent par une question simple : quel type de connaissance l’organisation cherche-t-elle à protéger, transférer ou appliquer ?

Quels que soient vos enjeux, vos collaborateurs ont besoin de réponses fiables, mais aussi de contexte, de jugement, d’exemples et de processus qui les guident dans l’action. En distinguant les quatre types de connaissances, vous pouvez choisir la bonne méthode pour chaque besoin.

Sociabble accompagne déjà des groupes internationaux à centraliser les connaissances, améliorer leur accessibilité et maintenir l’information à jour au sein des équipes multi-sites.

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FAQ Les types de connaissances en entreprise

La connaissance explicite ne couvre que ce qui a déjà été documenté. Or les collaborateurs ont aussi besoin de contexte, d’exemples, de jugement métier et de processus qui les aident à appliquer correctement l’information.

L’onboarding mobilise les quatre types de connaissances. Les nouveaux collaborateurs ont besoin de contenus explicites, comme les politiques internes et les guides d’intégration, mais aussi de bonnes pratiques implicites, de mentorat et de repères intégrés aux outils de travail.

Il faut partir des comportements que la solution doit soutenir : recherche d’information, gouvernance, fraîcheur des contenus, réponses IA, intégrations, partage entre pairs et adoption par les collaborateurs. Une bonne plateforme doit aider à gérer plusieurs caractéristiques et types de connaissances, pas seulement des documents.

Identifiez les savoirs critiques avant qu’ils ne disparaissent, puis combinez plusieurs méthodes de partage des connaissances : entretiens d’experts, documentation ciblée, mentorat, communautés de pratique, retours d’expérience et intégration des règles clés dans les processus.